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Echos des politiques 87

Cette rubrique donne la parole aux groupes politiques démocratiques

Le Plan stratégique de la promotion de la santé : un premier pas intéressant vers la transversalité

C’était, en commission, un moment fort attendu. Il s’agissait de la présentation, en juin dernier, du premier plan stratégique de la promotion de la santé pour Bruxelles. Les bonnes nouvelles sont d’abord du côté de la définition du cadre d’intervention : une approche claire, structurée, cohérente et accessible.
Offrant une analyse de la situation de Bruxelles en rapport avec les critères de la promotion de la santé et une définition des besoins en rapport avec l’analyse de la situation.

Ensuite, l’approche transversale, impliquant les différents niveaux de pouvoir, est valorisée, nourrissant l’intérêt d’une coordination entre les acteurs institutionnels, le monde de l’enseignement, celui de la jeunesse ou encore le monde carcéral. Sur le plan plus opérationnel, on y retrouve également une série de priorités développées par le secteur.

Les nouvelles plus inquiétantes ne sont cependant pas absentes : le fait que la stratégie de la transversalité se base surtout sur des conférences interministérielles et les accords de coopération met trop en avant la fragilité du système tel qu’il est pensé. A croire que le caractère opérationnel de cette vision transversale ne tient finalement qu’à la bonne volonté des excellences ministérielles relevant de la Cocof ou d’autres niveaux de pouvoir. La question : arrivera-t-on un jour à faire porter la promotion de la santé par le ministre président du Collège, de telle sorte qu’il réussisse l’articulation du Plan avec les différentes compétences ? Ou, mieux encore, par le ministre-président régional bruxellois ? Par ailleurs, sur le plan de l’implication des acteurs de terrain, on ne peut taire une série de bémols relevés entre autres par la section promotion de la santé du conseil consultatif : qu’en est-il des publics cibles, des milieux de vie, de l’articulation avec la Région wallonne, des indicateurs d’impact appliqués aux autres compétences, de la définition des critères d’évaluation... Bref, il y a encore du pain sur la planche. Mais ne boudons pas notre plaisir : il s’agit d’un plan intéressant, qui a le mérite de la clarté, qui impose un
changement de paradigme politique, ce qui représente pour le cdH le principal défi, et qui mérite une large médiatisation.

André du Bus,
Député bruxellois et Wallonie-Bruxelles cdH

 Le Plan de la promotion de la santé de la Cocof

Le mois de juin fut un moment important tant sur le plan politique que pour les acteurs de terrain qui travaillent au quotidien dans le secteur de la promotion de la santé. En effet, sous l’impulsion de la Ministre de la santé à la Cocof Cécile Jodogne, le plan de promotion de la santé 2018-2022 a été adopté ! Cette nouvelle compétence issue de la 6ème réforme de l’Etat induit une logique et une dynamique régionales en la matière car les projets devront désormais correspondre à des priorités bruxelloises et prendre en compte dans leur mise en oeuvre les spécificités de notre Région.

Les objectifs thématiques du plan combinent la prévention de problèmes de santé et les interventions globales dans des milieux de vie ou auprès de publics cibles prioritaires. L’accent sera mis notamment sur la promotion de l’alimentation équilibrée et de l’activité physique. Cet axe vise la diminution de plusieurs problèmes de santé tels que le surpoids, l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires mais aussi l’amélioration du bien-être de la population de manière générale. Il s’agit d’une problématique particulièrement importante à Bruxelles à l’heure où un jeune francophone sur six est en surpoids. Nous sommes ainsi confrontés à une pandémie silencieuse qui doit être combattue au plus vite, et le nouveau plan en a fait une priorité. En outre, la notion d’ « empowerment » en est un fil conducteur. On sait que la participation active des bénéficiaires est devenue un concept central dans différents domaines. 

L’approche défendue par ce nouveau plan est en phase avec les priorités défendues par DéFI, qui considère les actions de prévention, d’éducation sanitaire et de promotion de la santé comme aussi importantes que la prise en charge des soins de santé eux-mêmes. Enfin, DéFI continuera d’oeuvrer pour que la promotion de la santé poursuive son développement en vue de réduire les inégalités de santé en agissant sur les déterminants relatifs à la vie quotidienne.

Michel Colson
Député DéFi au Parlement Bruxellois
Chef de groupe pour la Cocof

Promotion de la santé : le chantier reste entier 

Annoncé depuis plus d’un an, le premier Plan de promotion de la santé de la Commission communautaire française pointe enfin le bout de son nez. Les objectifs thématiques et transversaux ont en effet été arrêtés par le gouvernement francophone bruxellois, à charge pour les acteurs de terrain et les services de proposer des projets et programmes qui s’inscrivent dans ces priorités : l’amélioration de la qualité des interventions en promotion de la santé ; la promotion de la santé dans toutes les politiques ; la lutte contre les inégalités de santé basées sur le genre ; la prévention des maladies non transmissibles et des traumatismes ; la prévention des infections et maladies transmissibles ; l’amélioration de la santé de certains publics cibles tels les jeunes, les détenus, les personnes en situation de vulnérabilité.

Si les préoccupations pour les déterminants de la santé et les inégalités sociales de santé sont bien présentes dans ce plan, il n’en reste pas moins que les moyens de la Cocof restent bien maigres pour pouvoir mener une politique à la hauteur de ces enjeux. Le vrai défi reste cependant d’articuler la promotion de la santé avec d’autres compétences comme le logement, l’emploi, la cohésion sociale, l’environnement, la mobilité pour mener une véritable politique de santé sur le territoire bruxellois, depuis le quartier jusqu’à l’échelon régional.

La démarche communautaire, ou la participation des publics dans les différentes étapes des projets de promotion de la santé (diagnostic, prise d’initiative, décision, évaluation et évolution) est pour nous fondamentale. A cet égard, et si l’on se réfère à l’élaboration du Plan lui-même, il y a encore du chemin avant que celle-ci ne soit pleinement effective...

Magali Plovie
Députée bruxelloise Ecolo

L’alimentation saine : quel rôle pour les écoles et quelle importance pour les politiques ?

Le MR n’a jamais été partisan de l’introduction de contraintes, d’obligations ni d’interdictions lorsqu’il s’agit d’intervenir dans la sphère privée, notamment en matière de santé, de tout un chacun.
Nombreux sont ceux qui ont eu la faiblesse de croire qu’une alimentation équilibrée était le résultat d’une éducation que tout enfant recevait de la part de ses parents. En réalité, tous ne partagent pas les mêmes préceptes et envoient leurs enfants dans des régimes parfois radicalement différents.

Lorsque le constat – que l’on dresse d’ailleurs depuis des années – s’aggrave et continue d’alarmer sur les dangers de malnutrition qui sévit chez les jeunes1, certains cas mériteraient que le pouvoir public intervienne et légifère. Devant des adolescents en souffrance, cette problématique nécessite qu’une réflexion aboutisse rapidement sur le rôle que peuvent détenir les écoles dans l’éducation à une hygiène alimentaire saine.

Désireux de mettre fin au laxisme politique et à l’irresponsabilité de l’industrie agro-alimentaire, le Gouvernement flamand est parvenu, fin 2016, à conclure un accord liant les décideurs politiques avec le secteur agro-alimentaire et les acteurs de l’enseignement. Résultat : au bout de 16 mois d’âpres négociations, les distributeurs ont été délaissés au profit de fontaines à eau et collations saines.

Loin de s’assimiler à des déclarations d’intention creuses, cosmétiques ou sans résultat, force est de constater que ces distributeurs disparaissent réellement des enceintes scolaires flamandes.

Et en Communauté française ? Un groupe de travail sur la question a été annoncé, lequel décidera de plans de pilotage à mettre sur pied. Du côté des écoles, elles devront définir des objectifs clairs en matière de promotion et de sensibilisation à l’alimentation saine. Soit, rien de très contraignant ni de prometteur face à un fléau toujours plus inquiétant...

1. D’après une étude réalisée par l’Ecole de Santé publique de l’ULB, 17,4 % des jeunes de 10 à 20 ans en Communauté française présentent déjà une surcharge pondérale. 6,1 % d’entre eux sont déjà en obésité.

Gaëtan VAN GOIDSENHOVEN
Député bruxellois MR – Chef de groupe MR au Parlement francophone

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